18 Février 2021

Images de science : SuperCam, une caméra pour étudier les roches martiennes

Le format « Images de science » vous propose de décrypter une photographie particulièrement signifiante d’un point de vue scientifique, de la décrire et d’en comprendre les enjeux.
Gros plan de la caméra SuperCam. CNES/OLLIER Alexandre, 2019, CC BY-NC-ND

Vous regardez un gros plan d’une des caméras du rover Perseverance qui vient de se poser sur Mars. Ce robot embarque plusieurs caméras utilisées pour le guider depuis la Terre mais aussi et surtout pour réaliser des analyses du milieu martien.

SuperCam a été développé essentiellement en France et aux États-Unis. Ce projet est le fruit du travail de plus de 300 personnes en France (CNRS, universités, CNES et industrie) sous la responsabilité technique de l’Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie (IRAP) et sous la responsabilité du Centre national d’etudes spatiales (CNES) qui finance le projet. La contre partie américaine se situe au Los Alamos National Laboratory et à NASA/JPL-Caltech.

Elle a pour mission d’analyser la composition chimique et minéralogique des roches martiennes en tirant dessus au laser ou en collectant la lumière renvoyée par ces roches. SuperCam utilise cinq techniques de mesures. La première technique est la « LIBS » appelée également spectrométrie sur plasma induit par laser. L’idée est de chauffer très fortement la roche sur une petite surface (moins d’un millimètre carré), cela va créer une étincelle dont la lumière émise va être enregistrée et analysée par SuperCam pour décrire la composition chimique de la roche. Une autre technique consiste à éclairer la roche via le petit miroir de repli visible au centre de cette photo et l’instrument détecte en retour un léger décalage en longueur d’onde correspondant à l’effet Raman qui indique la composition minéralogique. Le télescope de la photo est équipé d’un spectromètre infrarouge qui renseigne aussi sur la minéralogie. Un microphone peut enregistrer l’impact du laser LIBS sur les roches pour mesurer leur dureté. Ces techniques peuvent en plus être utilisées pour sonder l’atmosphère.

SuperCam embarque également une caméra plus « traditionnelle » afin de photographier l’environnement martien, et ainsi pouvoir décrire précisément dans quel contexte chaque analyse a été effectuée.The Conversation


Olivier Gasnault, Chargé de recherche au CNRS, Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie, Centre national d’études spatiales (CNES)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.